L'histoire :
Été 1929. Une jeune femme issue de la pègre de Boston vient d’être érigée au rang de novice au sein de la consœurie du couvent bénédictin Saint-Patrick. En réalité, Holly n’a pas vraiment la vocation. Elle essaie surtout de se faire oublier, après avoir témoigné contre son proxénète, désormais derrière les barreaux. Elle a ainsi gardé quelques mauvaises habitudes : elle fume en cachette et elle en profite pour planquer, derrière une brique du clocher, les billets de la quête qu’elle a dérobés. Néanmoins, elle est appréciée et bien intégrée par la majorité de ses camarades, sous l’égide de la prieure sœur Agatha. Mais ce jour-là, alors que les religieuses sont occupées à étendre le linge, elles reçoivent la fâcheuse visite d’un jeune homme noir, visiblement en mauvaise santé, qui menace d’un couteau sœur Bethany… avant de s’évanouir. Les nonnes le soignent : elles retirent la balle qui est fichée à l’arrière de son épaule. Le prénommé Calvin a été blessé par balle la nuit précédente, alors qu’il effectuait une livraison d’alcool pour le compte de Dan Caroll, parrain mafieux. Les gars du Ku Klux Klan lui ont tendu une embuscade et ont flingué son collègue. Quand il revient à lui, au milieu de la nuit, Calvin parvient à se trainer jusqu’à un téléphone pour appeler ses patrons…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
La période de la prohibition aux USA correspond aux années 1919-1933, durant lesquelles une loi a interdit la production (et donc la vente et la consommation) d’alcool dépassant les 0,5°, afin d’instaurer une Amérique plus saine. Dans les faits, cela a très partiellement fonctionné, car la corruption et les trafics se sont emparés du vide et la période a permis l’émergence de puissantes familles mafieuses. Prohibition rime donc avec gangsters et alambics clandestins… mais ici, ça se passe chez les religieuses ! Tel est le pitch de départ de cette nouvelle série courte prévue en deux volumes et scénarisée par l’inénarrable Gihef. Le personnage principal de Holly n’a pas vraiment la vocation : elle est une repentie (hum...) qui se planque parmi les nonnes, ce qui confère à ce gentillet et truculent thriller un parfum de Sister Act. A ce canevas qui surfe sur tous les codes attendus du genre, Gihef ajoute encore une bande de salopards du KKK. Au dessin semi-réaliste et encré, qui s’inscrit au sein d’un découpage bien rythmé, Christelle Galland s’est visiblement pas mal amusée. Mention spéciale à la couverture très efficace, qui a été soufflée par un certain Laurent Hirn…