L'histoire :
Avec ses camarades et des armes ultra-technologiques, Ted de Cevane, membre de l’unité Zeta, combattait depuis des semaines l’invasion croissante d’un phénomène extraterrestre et métaphysique critique : l’éther. Mais lors d’une intervention de terrain, il a été touché et son âme est alors passée dans une autre dimension… dont il est ressorti dans un état définitivement second. Son corps n’a pas été impacté, mais son esprit a été absorbé dans un autre monde, avec des visions cosmiques dantesques transpercées par des phénomènes monstrueux. Pour ses proches, Ted reste dans le coma pendant presque 6 mois. Quand il en sort, il est très amaigri et déboussolé. Est-il seulement encore membre de l’unité Z ? Son colonel l’avertit que l’armée lui a accordé une année de pension supplémentaire, le temps de se remettre totalement de son expérience. Ted est déçu. Ni le colonel ni ses camarades n’acceptent de trop en dire sur la situation du conflit… mais elle semble toujours très préoccupante. Ted se force à prendre de la distance et à se reconnecter avec la nature. Parfois, il a encore des crises et il lui semble qu’il est organiquement aspiré par un œil de feu de la taille d’une planète. Un soir, il va boire un verre dans une boîte. Il tombe sur l’équipe d’un éditeur de BD en festival et il sympathise avec la stagiaire... jusqu’à lui proposer de la raccompagner chez lui...
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Le registre de science-fiction est très explicite en couverture. Cette série se range cependant plus du côté de l’horreur fantastique et psychique, inspirée de mythologie lofcraftienne, que du space-opera. A l’instar du jeune Will dans Stranger Things, l’esprit de notre héros Ted se retrouvait en effet dans le tome 1 aspiré et coincé dans un monde parallèle totalement horrifique. Et ce tome 2 ne fait guère avancer le schmilblick sur le plan géopolitique : vous ne saurez pas plus la nature de ce puissant ennemi qui vous bouffe le cerveau. Sur les premières pages, Ted croit être en convalescence, sur le plancher des vaches. Et puis à partir de la p.20, on comprend que le scénario de mOTUS se met entièrement au service de l’imaginaire graphique d’Heri Shinato. Or il faut avouer que sur ce plan, Unité Z fait un sacré bond qualitatif. En caméra subjective, le lecteur est aspiré dans une autre dimension, bombardé de panoramas galactiques, pétris de civilisations infernales, d’habitats extraterrestres, de structures labyrinthiques, peuplées de monstres chtoniens, avec des tentacules ou des glandes gluantes, des gosiers profonds et des griffes acérées. Shinato ne manque pas d’imagination et il diversifie sévèrement les perspectives et les couleurs. C’est vertigineux, hypnotique, démentiel et flippant.