L'histoire :
Arthur et sa chienne Atma s’aventurent dans le temps et l’espace, ces dimensions qui nous sont intuitivement données et dans lesquelles il nous est possible d’appréhender de façon sensible et conceptuelle les phénomènes qui structurent notre représentation du monde. Ainsi nous cheminons avec nos deux héros dans l’architecture même d’un texte parmi les plus fameux de la philosophie allemande. En 4 grandes parties, nous découvrons ce qu’entend Schopenhauer par « monde comme représentation » et « monde comme volonté » grâce à ses conceptions de la connaissance, du vivant, de l’art et de la morale. La volonté est la pierre angulaire de beaucoup de philosophes. Le développement de sa réflexion mène à une définition originale de la volonté et à ses effets pratiques, que beaucoup pourront juger comme désespérants mais, a bien des égards, non dénués de sens, si nous prenons soin de lever le voile entre nous et le monde.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Après une BD consacrée à Descartes, le vulgarisateur de la pensée philosophique Francis Métivier, docteur en Philosophie, signe ici un nouveau tour de force. Avec l’aide de l’illustratrice Isa Python (Mémoires de Marie Antoinette), ils éclairent de façon ludique un propos rendu plus accessible que dans sa version originale. Ils permettent ainsi de s’approprier une pensée fertile et inspirante. Les dialogues entre Arthur et son chien sont narrativement intéressants et soulignent la volonté de donner une note humoristique appréciable bien qu’inégale. Cette BD est une heureuse surprise et une réelle réussite dans sa capacité à rendre intelligible un texte de philosophie – en évitant un jargon d’agrégés – et à rendre fluide la lecture d’une œuvre complexe. Difficile de dire si Arthur Schopenhauer aurait considéré la BD comme un art. Nous conclurons donc, pour ne pas le froisser, qu’à défaut d’être du grand Art, c’est du bel ouvrage.