L'histoire :
Dans un avenir proche, une technologie génétique a permis d’atteindre l’équilibre social, mais en régulant les naissances et les âges de morts des gens, inscrits dans leurs ADN. Chacun ne peut désormais plus mourir qu’à 3, 11, 26, 38, 57 ou 70 ans, sans qu’on le sache par avance. Dans ce contexte, un groupe de voisins qui sont tous sur le point d’atteindre l’un de ces âges et qui partagent la même date d’anniversaire au 10 octobre, a décidé de mettre un grain de sable dans l’engrenage. Ils préparent ensemble une action contre le centre qui régule cette planification forcée. Pour cela, ils utilisent l’un des salariés du centre, Jerry Draper, récemment décédé à 38 ans, en truquant son médaillon et en piratant ses accès. Monsieur Cole (bientôt 57 ans) s’est rasé la moustache, frisé les cheveux et avec une casquette, il va se faire passer pour Jerry Draper. Le plan pour parvenir à leur action est complexe et il réclame que chacun joue un rôle précis. Le jeune Richie, bientôt 11 ans, est un peu dépassé par les évènements. Mais la dépression de ses parents, suite à la mort de son frère, le motive à aller jusqu’au bout. Pour le moment, ils doivent surtout trouver un moyen de planquer le cadavre de Jerry et donner le change à sa sœur qui l’appelle en visio…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
A la fin du tome précédent, nous avions abandonné nos 6 « terroristes » anti-programmation funèbre, à la veille de leur potentielle échéance mortelle programmée… et aussi à la veille de leur action contre le centre de régulation de la mort. Les italiens Paola Barbato (au scénario) et Mattia Surroz (au dessin) poursuivent logiquement leur thriller d’anticipation. La rébellion contre cette utopie qui ressemble à une dystopie sera menée à son terme, au rythme du classique narratif du « braquage » et du suspens qu’il induit. Certes, la logique de leur plan de sabotage parait un peu capillotractée. On ne comprend pas tout… et notamment pas la longue séquence des temps d’arrêt entre chaque caméra de surveillance, au fil interminable de diverses coursives. Mais la thématique initiale de la mort programmée et de son éventuelle réforme nous maintient en haleine. Au dessin, Surroz insiste surtout sur la représentation des personnages, sur leurs attitudes, leurs postures et leurs expressions, bien plus que sur les décors, vraiment secondaires (hormis 3 cases géantes : un panoramique aux pieds de l’usine ; la salle cryogénique des archives génétiques ; l’ordinateur central). Il s’amuse toujours à mettre en scène des protagonistes inspirés de grands acteurs hollywoodiens (Toni Collette, Jack Nicholson, Kathy Bates), ce qui ajoute à la profondeur de leurs personnalités.