L'histoire :
Louis et Léonie Lacombe étaient des gens ordinaires, sans histoires, habitant du côté de Bommes. Ils ont été tués dans leur sommeil. Les enquêteurs sont circonspects : aucune trace d’effraction, rien n’a été dérobé, à part leurs alliances. Le plus étrange, c’est que les deux retraités ont été étranglés au même moment, par la même personne. Bizarre… Benjamin Cooker boit un café, Place de la Comédie, à Bordeaux. Il est en ligne avec Claude Nithard, son éditeur, qui lui demande des nouvelles de son prochain guide qui doit sortir. Cooker le rassure sur les délais. De retour chez lui, il déjeune avec Virgile Lanssien, son fidèle assistant. Rapidement, la conversation se focalise sur le drame qui est survenu la veille, dans la commune de Bommes. Cette commune n’est pas étrangère à Virgile. L’un de ses meilleurs amis, Julien Thomasseau, habitait dans le coin. Son père était régisseur du Château Rayne Vigneau, mais à la suite d’un AVC, il a dû passer la main. Depuis, Julien s’est exilé à Cahors. Virgile part à sa rencontre. Ils évoquent ensemble le double homicide dont ont été victimes les Lacombe. Julien les a bien connus et rafraîchit la mémoire de Virgile, en lui parlant aussi de leur petite-fille Léa, qui a été un temps sa petite amie. La jeune fille était une véritable croqueuse d’hommes attirée par le fric. Les souvenirs reviennent à la surface. Il se demande d’ailleurs si la fille qu’il a croisée, il y a quelques jours sur le Bac assurant la liaison Blaye-Lamarque, n’était pas Léa, justement… Drôle de coïncidence !
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
A l'origine, Le sang de la vigne est une série de romans signés Jean-Pierre Alaux et Noël Balen, sur le thème d’enquêtes policières dans le milieu du vin. Glénat ayant acquis les droits, seul un scénariste chevronné connaissant ce milieu si particulier pouvait s’atteler à l'entreprise d'adaptation. Le choix s’est porté sur Corbeyran, comme une évidence. Sa série Châteaux Bordeaux élevée en compagnie d’Espé est un vrai succès populaire avec plus de 200 000 albums vendus. Comme à l’accoutumée, ses albums sont un mélange équilibré entre intrigues bien construites, personnages bien définis et connaissances bien distillées. Noces d’or à Yquem n’échappe pas à la règle. On apprend ainsi comment le Sauternes est devenu un vin d’exception grâce à l’alchimie du Botrytis Cinerea, la pourriture noble. En vieux briscard du scénario, Corbeyran pose un récit solide et bien mené, qui aurait mérité malgré tout quelques pages supplémentaires. En effet, le dénouement est un poil rapide, ce qui laisse peu de temps au suspense pour s’installer. Le dessin efficace de Sandro est sans fausse note et reste dans le carcan graphique qu’impose une telle série. Cet album satisfera sans aucun doute le grand-public et tout autant les amateurs de vin.