L'histoire :
Au début des grandes vacances, Annie et ses deux frères, Mick et François, arrivent à la Villa des Mouettes, chez leur oncle et leur tante, pour passer l’été en compagnie de leur cousine Claudine. Hélas Claudine est introuvable. Elle s’est réfugiée sur la plage bordée de falaise, à proximité immédiate de son hameau, en compagnie de son chien Dagobert, car elle n’a pas trop envie de sympathiser avec des cousins qu’elle n’a vus qu’une seule fois. Claudine est en effet d’un tempérament sauvage, un vrai garçon manqué, qui impose d’ailleurs qu’on l’appelle « Claude ». En attendant patiemment que la nuit tombe, elle assiste cependant au curieux manège d’un homme qui désescalade la falaise. Dagobert ne peut se retenir de lui mordre les fesses, arrachant au passage un morceau de poche contenant une enveloppe. Claude rentre chez elle une fois que tout le monde est couché et elle montre au milieu de la nuit une légère agressivité envers Annie. Mais au matin, Annie ne lui en tient pas rigueur… et c’est un bon point pour souder les deux cousines et cousins. En moins d’une heure, les quatre adolescents deviennent supers amis, et forment avec le chien Dagobert le « club des cinq ». Claude propose de faire une visite de l’île de Kernach… dont elle est l’héritière ! Un château en ruine s’y trouve, qui a appartenu à son trisaïeul Alban IV. Mais il faut attendre le lendemain, qu’une tempête passe, pour pouvoir embarquer sur un canot…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Les aventures du Club des cinq ont bercé des générations de jeunes lecteurs en Bibliothèques Roses. Aujourd’hui encore, en France, il se vend un livre de cette série d’Enid Blyton toutes les 2 minutes ! Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que ce standard est adapté en BD : dans les années 80, les éditions Hachette avaient déjà adapté 5 albums des romans. La présente transposition se dévoile sous la férule de Nataël (au scénario) et de Béja (au dessin), respectivement père et fils, qui s’étaient déjà occupé des Griffes du hasard dans les années 90. Ce volume non numéroté adapte de nouveau, logiquement, la trame du premier roman, Le club des cinq et le trésor de l’île. Après la mise en scène très rapide des indéfectibles liens d’amitié qui souderont les 4 membres de cette famille et le chien Dagobert, l’intrigue bon-enfant à laquelle ils sont confrontés réunit les fondamentaux du récit d’aventure : un trésor se cacherait dans les ruines d’un château sur une île isolée, pourvu de passages secrets. De tels ingrédients piquants confrontés à la solidarité de jeunes gens volontaires : c’est forcément efficace. Et la désuétude de l’époque ne transparait pas (cette intrigue a été écrite en 1942 !), car le contexte est situé dans un coin de nature sauvage, intemporel. De même, les catacombes, les héritages et les velléités de spoliations sont des éléments impérissables… Grace à son travail pour moderniser Bécassine l’année dernière, tout en respectant son classicisme – une sacrée gageure ! – Béja quant à lui a acquis une belle maturité dans le registre de la ligne claire. Il la réitère là encore avec professionnalisme et cohérence, pour un (premier ?) album de 32 planches convaincant.