L'histoire :
19 juillet 2003. Un dirigeable flotte au dessus d’une cité des Pouilles. La nuit venue, ses occupants magiciens s’introduisent chez un modeste vendeur de journaux. Ils lui soutirent dans son sommeil la localisation du recherché, Drazen. Le jeune homme serait monté à l’arrière d’un semi-remorque et on le retrouve, le lendemain, en compagnie de Lancaster (son père) au pied du château de Castel del Monte où l’attend d’importantes révélations. Là, sous un ciel de pleine lune, le père raconte à son fils comment tout commença entre lui et son ami Ash, il y a déjà bien longtemps. Lancaster lui révèle aussi qui est sa mère. Il lui confie enfin que son heure est désormais venue : c’est maintenant à Drazen d’accomplir le destin qui lui a été assigné. Pour cela, il lui faut réussir des épreuves. D’abord, accéder à la parfaite maîtrise de son corps et de sa psyché avant sa 20e année. Ensuite, convaincre son ennemi juré – son assassin, Tanaka – de la justesse de sa cause. Enfin, accomplir un miracle qui le révèlera au monde ! Et cela avant que les Magiciens ne l’attrapent et le suppriment…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Le Jour des Magiciens est une série un peu à part dans l’univers de genre BD. Une série qu’on peine à classer – catégoriser – empruntant à la magie de l’enfance mais aussi au thriller adulte, violent et cru. Ce tome 5 apporte une conclusion à une histoire commencée il y a près d’un septennat. L’attente fut conséquente... Contrairement à ses préécesseurs, le titre de l’album n’est pas éponyme (du prénom d’un des personnages) mais préfère une symbolique rassembleuse et évocatrice. Avec Le Dernier cercle, l’heure de Drazen est venue : l’avènement d’un nouveau messie, dûment préparé par son père, Lancaster, et sa mère (que l’on découvre ici). La réflexion et les dialogues explicatifs l’emportent largement sur l’action, mais le lecteur ne s’ennuie guère. Les réponses attendues sont là. Et, somme toute, ce dosage était de règle chaque fois. Le choix du grand format paie encore, permettant des planches parfois « off » à l’ambiance saisissante. Côté dessin, en effet, l’aspect enchanteur du trait épouse le réalisme contemporain souhaité. Quoique peu fouillés, crayonnés et couleurs se révèlent irréprochables – dans les proportions, cadrages, tons retenus, etc. La série tend à l’essentiel dans son propos comme dans son graphisme. L’invitation est faite à s’éveiller à un degré supérieur de conscience (Pfiou !). L’évasion est assurée, la chute ouverte. Peut-être la porte vers une prochaine aventure. A noter l’hommage appuyé (en avant-propos) d’Alexandro Jodorowsky.