L'histoire :
A bord de son bateau, la jeune pirate Soledad s’apprête à livrer son prisonnier Al Makhzum à Al-Qâhir contre une forte somme d’argent. Mais les hommes d’équipage commencent à douter de la réussite de l’entreprise et accusent Soledad de les envoyer vers un piège certain. La révolte au sein des pirates monte, tandis que les caisses sont vides. Soledad comprend que son prisonnier est un homme important. Elle cherche alors à découvrir ce qui le rend si précieux pour Al-Qâhir. Parallèlement, elle se souvient de la façon dont elle est devenue l’une des pirates les plus connue des mers chaudes, il y a 10 ans. Après la mort de son fils et de sa servante, la jeune andalouse vécut pendant plusieurs années sous les traits d’un jeune homme. Devenue scribe au service d’Hassan, l’astrologue du sultan Ibn-al-Mutarif, elle s’échappa pour être recueillie par Balibar. Cette vieille maquerelle dévouait la fin de sa vie à abriter les jeunes femmes désoeuvrées, bannies ou fuyant la prostitution. Après avoir recouvré la santé, elle se mettait alors en quête de retrouver l’assassin de son fils, le sanguinaire Ibrahim et utilisait pour la première fois ses pouvoirs magiques.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Personnage attachant que Soledad, la jeune andalouse aux pouvoirs magiques qui se bat dans un monde dominé par les hommes et la soumission des plus faibles. Ce deuxième épisode est palpitant. Il ne se passe pas une page sans que l’on ait envie de vite passer à la suivante. Le passé de Soledad est régulièrement ramené à la surface, justifiant chacun de ses actes. Dans cette lutte perpétuelle, Soledad utilise son humanité pour assoire son autorité. Elle n’utilise ses pouvoirs magiques qu’avec une infinie précaution et n’en abuse pas. C’est toute la féminité du jugement qui est ici exposée, préférant la mesure des actes malgré une haine féroce et l’envie de se venger. En ce sens, il faut souligner que Lune d’ombre est réalisé par un trio de femmes. Le scénario de Sylviane Corgiat est palpitant, les lignes du dessin de Christelle Pécout sont douces et accordent beaucoup de volupté aux personnages. Cet aspect du dessin est renforcé par la mise en couleur de Delphine Lacroix, assez réussie, qui met à l’honneur les couleurs chaudes du moyen orient. Un joli album où l’on ne s’ennuie pas et qui rappelle par bien des aspects les contes arabes.