L'histoire :
Ce jour-là, le cow-boy Bud fait une petite visite de courtoisie au bordel de Black City, bourgade paumée de l’ouest américain, qui sert de centre de tri à l’armée nordiste. Bud y rencontre Jodie, Enna et Eloïse, trois belles putains dévergondées, qu’on appelle « les Anges ». Il leur propose une association de malfaiteurs, profitable pour tout le monde. Un important convoi d’or doit en effet passer par Black City et il s’agirait que les putains occupent le plus longuement possible les convoyeurs, afin que les sbires de Bud puissent piller la diligence à leur aise. Initialement réticente, Jodie finit par accepter lorsqu’elle mesure que la part du magot qui leur serait allouée signifie l’affranchissement définitif de leur métier. Le soir venu, elles ne ménagent donc pas leur... peine. A quatre pattes sous la table de poker, Enna s’occupe de deux soudards en même temps, tandis qu’Eloïse exhibe son arrière-train au gros sergent Chadwick. Mais la partouze dégénère lorsque Jodie farfouille dans le pantalon du sergent : castré par les indiens, celui-ci prend cette violation de son intimité comme un affront. Dès lors, ses hommes deviennent ultra violents avec les trois putains. Ils donnent un coup de poignard en travers du visage d’Eloïse, égorgent Enna avec un tesson et enflamment la chevelure de Jodie. Puis ils s’enfuient, laissant les trois putains pour mortes…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Avec ce premier épisode de western âpre et charnel (sur 3 prévus), le scénariste Marco Rastrelli reprend le synopsis global du film Impitoyable (de Clint Eastwood), à savoir : des cow-boys violentent des putains, ce qui réclame vengeance. La différence avec le célèbre film oscarisé, c’est qu’ici, ce sont les putains qui se font vengeance elles-mêmes. L’avantage de cette trame, c’est qu’elle offre moult possibilités de scènes de cul (ce qui est de bon aloi pour une BD érotique) et qu’elle emprunte néanmoins une ligne narrative qui n’est pas QUE prétexte à faire du cul (ce qui est relativement rare dans le registre). Du reste, il n’y a guère que deux séquences chaudes, très chaudes… et surtout très violentes. On peut donc aussi s’interroger sur la relation étroite et masochiste qu’entretiennent, ici comme ailleurs, le sexe et la violence… et nous ouvrons là un débat riche et sans fin, qui exacerbe les positions. Tout aussi intéressant, le traitement graphique de Lorenzo Nuti apporte une pure ambiance de western crasseux et brutal. Maitrisé et stylisé, le trait semi réaliste se relâche volontiers, plus spontané, lorsque la bestialité se déchaine. La colorisation joue exclusivement sur deux teintes, ocre et sanguine, volontairement très sombres, ce qui renforce à la fois la proximité avec la chair et avec le décor boueux et rocailleux de l’Ouest sauvage. Evidemment, à réserver à un public exclusivement adulte.