L'histoire :
Non loin d'Harrow County, alors qu'il fait nuit noire, une ombre saute d'un train en marche. Il s'agit d'un homme à l'air sinistre, portant un baluchon sur son épaule. Un petit oiseau passe près de lui. Il l'attrape en un instant. Il l'écrabouille puis plonge son doigt à l'intérieur avant de le dévorer. Il repart ensuite, sifflotant un air. L'écorché vif, qui habite sous la maison d'Emmy, entend le sifflement. Intrigué, il sort et écoute attentivement. Il entre ensuite silencieusement dans la chambre de la jeune fille. Il se dirige ensuite vers le tiroir de la commode et en sort la fameuse peau. Il se presse alors, avec l'épiderme sous le bras, en direction des bois et plus précisément auprès du siffleur. Celui-ci lui demande d'approcher près du feu de camp. Il lui propose de partager des pieds de porc avec lui avant d'interroger l'écorché sur ses souvenirs et notamment sur son nom. Difficile pour le garçon écorché lorsque l'on ne se rappelle pas de son passé...
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
La trajectoire de Cullen Bunn dans l'industrie des comics a de quoi surprendre. Alors que ses débuts en indé se révélaient très convaincants (The Damned, The Sixth Gun), le romancier-scénariste s'est quelque peu dispersé en débarquant chez Marvel et DC Comics, au point d'imaginer des récits sans saveur (à l'exception de Magneto). Lorsque l'on voit sur Harrow County, on retrouve toute la verve et la qualité de cet auteur. Façonnant un univers lugubre, il parvient à rendre intéressant chaque épisode. Les deux premiers albums ont su mettre en place Emmy et les monstres gravitant autour d'elle. Cette fois-ci, le scénariste a choisi de proposer des récits courts mettant cette fois-ci le garçon écorché (en quête de son passé) ou bien Bernice (combattant des serpents démoniaques). Les récits conservent la tonalité que l'on apprécie depuis le début de la série et apporte un réel plus à l'univers,une profondeur inattendue et salvatrice. En outre, le temps d'un chapitre, nous verrons Emmy en scène dans une affaire de maison hantée. Dans ce troisième volet d'Harrow County, deux dessinatrices prennent occasionnellement le relais d'un Tyler Crook toujours aussi exceptionnel. Si Clara Speed McNeil présente un style différent, le rendu est agréable et se fond bien dans l'esthétique de la série. Cela est moins le cas d'Hannah Christenson dont le trait fait plutôt penser à une esthétique européanisante, pas forcément à sa place sur ce titre. Harrow County continue de nous envoûter...