L'histoire :
Tom Raymond, qu'on surnomme Toro, surplombe un bâtiment. Il regarde un couple s'enlacer, l'immeuble à côté. Ce n'est pas qu'il est voyeur, mais revenir à la vie et s'apercevoir que la femme qu'on aime a refait la sienne dans l'intervalle n'est pas facile à digérer. Le responsable de cette situation ? Le Penseur Fou. Le jeune homme rumine lorsque la Vision vient à lui. A l'issue d'un dialogue plutôt amer, le jeune homme réussit à convaincre celui qui est plus qu'un robot à le confronter à son ennemi...
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Alex Ross n'est pas qu'un dessinateur de légende. C'est aussi un dingue de la mythologie des Super-Héros. Et ceux qui suivent ses productions savent aussi qu'il s'efforce et prend plaisir, depuis bien des années, à remettre en avant les premiers surhommes nés de la production des comics. En collaboration avec Mike Carey, il signe ici une mini-série en 8 épisodes parus aux USA en 2009 et qui rend un vibrant hommage à Jim Hammond, alias la Torche Humaine. Qu'on ne s'y trompe pas, si Stan Lee et Jack Kirby ont crée Johnny Storm, le playboy des Quatre Fantastiques, rien n'est dû au hasard car le personnage qui portait initialement le surnom de Torche Humaine remonte à 1939. C'est Carlos Burgos qui l'avait crée et sa première apparition accompagnait le #1 de Marvel Mystery Comics, à l'époque propriété de l'éditeur Timely Comics. Tombé dans les oubliettes, il fut littéralement éclipsé par le fringuant personnage né de la collaboration de «Stan the Man» et du King. Mais revenons à ce 15e volume de la collection, avec Jim, Toro (le sidekick de Hammond) et John Storm, le lecteur va avoir le feu ! L'occasion était en effet trop belle pour ne pas réunir les trois Hommes Torche ! Soulignons que toute la 1ère partie de cet arc est très classique et sans aucune surprise. D'un côté l'épouvantable Penseur Fou (lui aussi compte parmi les tous premiers vilains) et de l'autre le valeureux Toro, dont le destin ne semble avoir aucun secret pour La Vision, mais on ne vous en dira pas plus... Puis la seconde partie du récit livre une interprétation nettement plus tournée vers la personnalité bousillée de Jim Hammond, en quelque sorte vidé de sa psychologie par les manipulations du Penseur Fou sur les cellules d'Horton qui ont permis sa création. Côté dessin, Patrick Berkenkotter délivre un travail correct bien qu'un peu inégal. Nul doute qu'il a voulu marcher dans les traces de maître Ross, mais il lui arrive à peine à la cheville, probablement peu aidé par la colorisation de Carlos Lopez, excessivement criarde. Malgré ses défauts, ce volume a le grand mérite de permettre de toucher du doigt l'histoire primitive des Supers. Et rien qu'en cela, il mérite qu'on lui porte de l'intérêt.